RESEAU

dimanche 19 mars 2017

Chuck Berry - Johnny B. Goode (Live 1958)



Fin des 50', le "Jazz", cette musique dite symbolique de rébellion et de lutte sociale, est un bâtiment austère scindée en deux étages aussi bétonnés l'un que l'autre : le circuit des clubs pour gens de couleurs (Chitlin' Circuit), où se produisent des groupes en petits costumes sans solistes (comme les Isley Brothers où jouera Hendrix avant de péter un cable électrique), et le "Festival", où trônent les stars du genre. Les Bluesmen, dans l'in-différence, ont remonté le Mississippi au moins jusqu'à Chicago. Mais, en 58, le "Festival de Jazz de Newport" voit débouler Chuck Berry. Les oreilles des Jazzmen (assis) en crissent encore...

lundi 11 janvier 2016

Printemps '76

Les disques sont là. Ceux de la vraie "Generation" dont parlent les Who : le rock dans toute son amplitude 65/75, l'après Presley, la British invasion, le Surf, le Garage, le Progressif, le Hard, le Free, le Glam, le Protopunk... Stones, Who, Stooges, Beach Boys, King Crimson, Tangerine Dream, Pink Flyod, Time Machine, Blue Oyster Cult, Led Zeppelin... pour ceux dont je me souviens... et Bowie.
Graphismes hallucinés, maquillages grotesques, silhouettes féminines... bouche déformée oppressante du "In the court of the King Crimson", que je retrouverai 30 ans plus tard posée sur le petit poitrail tendance d'un DA stagiaire de Publicis Soleil, motif devenu purement décoratif, fortement dérangeant en 1976, comme le visage de David Jones...



J'ai 11 ans et des poussières, je suis seul dans la maison et je fouille.

Cette pièce froide, carrelée comme un décor de film américain des années 40 dont la télévision m'a gavée -noir et blanc de l'écran sur noir et blanc des sols glacés, m'intrigue et m'attire...
La porte refermée pose un silence sec et léger sur mon indiscrétion. Mon père, décorateur, pas encore architecte, s'est occupé lui-même d'agencer cette maison bourgeoise marseillaise des années vingts. Elle a été louée un temps à l'équipe du commandant Cousteau en attente de Calypso. La pièce recèle d'ailleurs de petites boites cloches en plastique au couvercle jaune caractéristique contenant une vingtaine de "diapositives" où l'on peut voir le pont du fameux bateau, les préparatifs à la plongée, la mer, les mouettes... 
C'est lui donc, qui a restructuré l'étage de cette maison qui ne devait être avant qu'une vaste pièce où l'on entrait à l'est par une petite veranda rectangulaire, qui recevait sa lumière de deux grandes fenêtres au sud et se terminait à l'ouest par un balcon à la balustre en briques rouges sur laquelle ma mère étale ses grands patchworks colorés avant le départ pour la rue du Faubourg Saint-Honoré.
Délimitée par un long couloir couvert de moquette bleue et un système de cloison en plâtre et de portes alvéolées en bois à la légèreté incongrue, il se compose à présent de trois chambres, une salle de bain, un dressing, un petit bureau et enfin, subsistant dans son état originel, cette mystérieuse pièce devenue débarras, sas d'entreposage entre la vraie vie et ce qui va bientôt y entrer, ou qui vient d'en sortir, ou qui n'y trouve pas sa place : cadeaux de noël déjà achetés pas encore emballés, vêtement hors saison, machine-outils diversement encombrantes, stock temporairement remisé là, cartons scotchés...

Et soudain :"Rock'n'roll suicide", 45 tours présage RCA France 1975.

Les yeux mi-clos, le visage fardé, le rouge à lèvres, les dents d'un animal, l'étrange marque ronde sur le front et les cheveux drus orange cuivré, le punk avant le punk, le mime après le mime, le glamour aux pommettes et le col "Mao" d'un vêtement de plastique, le titre oxymore et le nom en lettres roses. David Bowie a 27 ans, il est seul, ne représente rien de connu, ni rêve américain, ni groupe à groupie, il est transitoire, transexuel, translucide... en transmutation permanente. Créature d'un ailleurs qui se trouve après. Il va mettre la musique dans chaque instant de ma vie et l'éthique "rock" au fronton des choses. Ce n'est pas une idole, mais une icône dont même la couleur des yeux est en contradiction. Une icône en devenir qui vit de sa propre destruction.

En fait, le disque n'est pas tout seul, et les deux piles sont bien visibles à l'entrée de la pièce, visiblement non dissimulées, comme auraient pu l'être tout autre chose ne devant pas être vu ou découverte. Mon oeil exercé, scannant rapidement les lieux, fort d'une technique éprouvée de l'instant volé, les a vite repérées : les disques m'ont en fait littéralement sautés aux yeux! 
Trouvaille d'importance, je viens de m'acheter mes premiers grands vinyls : Ennio Morricone, et les Beatles, "Oldies but Goldies », seul Best Of officiel. Je connais le prix de ces merveilles.
A Chatham, l'été dernier, j'aurais bien pris le "Black and Blue" des Stones, tout juste pressé... mais j'ai finalement claqué mes "bloody pounds" pour des équipes anglaises de Subbeteo, Leeds United, Sheffield Wednesday... à faire baver mes copains de Marseille Sud Olympique !

Il y a là une cinquantaines de 33 et autant de 45. Je ne les connais pas, ils n'appartiennent pas à mes parents. Rapidement, je remarque au dos des pochettes, l'indice majeur, une signature,  « DALMON », plus rarement PHILIPPE DALMON, le nom de mon grand demi-frère, écrit à la main. Voilà, les disques sont à lui. 

Comment sont-ils arrivés là? Les a-t-il déposés lors d'un de ces nombreux déménagement, changement de direction, rebondissement de vie ? Où est-il aujourd'hui ?
Mon frère, un mystère né 6 ans avant moi, d'une autre femme. Il est d'un autre monde où la musique est d'un autre genre, où le danger et le sexe semble plus présent. Il doit avoir 18 ans maintenant et je crois qu'il vient de s'engager dans l'armée ou de déserter l'armée? 

On ne me dit pas tout. J'ai 11 ans.

J'entend ma petite sœur qui parle à Migoi et Zibu ses amis transparents. J'entrouvre la porte, emprunte le couloir bleu, me lave les mains dans la salle de bain au murs tendus de skaï vert, et me précipite dans ma chambre jaune rêver au son de disques noirs pleins de rockstars roses.

It was some colors of my seventies...

Chabestan, 12 novembre 2012.


Bloody bloody fuck !



Time - He's waiting in the wings
He speaks of senseless things
His script is you and me boys

Time - He flexes like a whore
Falls wanking to the floor
His trick is you and me, boy

Time - In Quaaludes and red wine
Demanding Billy Dolls
And other friends of mine
Take your time

The sniper in the brain, regurgitating drain
Incestuous and vain, 
and many other last names
I look at my watch it say 9:25 and I think 
"Oh God I'm still alive"

We should be on by now [x2]
La, la, la, la, la, la, la, la [repeat]

You - are not a victim
You - just scream with boredom
You - are not evicting time

Chimes - Goddamn, you're looking old
You'll freeze and catch a cold
'Cause you've left your coat behind
Take your time

Breaking up is hard, but keeping dark is hateful
I had so many dreams, 
I had so many breakthroughs
But you, my love, were kind, but love has left you 
dreamless
The door to dreams was closed. 
Your park was real dreamless
Perhaps you're smiling now, 
smiling through this darkness
But all I had to give was the guilt for dreaming

We should be on by now [x5]
La, la, la, la, la, la, la, la [repeat]

Yeah, time!

vendredi 8 janvier 2016

Candeur et rage, fin des seventies...



"C'est petit joli c'est doux c'est fort 
C'est plein de couleurs 
Pour l'amour l'ennui ou pour la mort 
Pour sucrer les pleurs
Rouge au cœur

Lipstick pour les hommes
Lipstick pour les femmes

Lipstick for the men
Lipstick for the girls

Pour le monde entier un seul royaume
Bâton polychrome
Pour que les humains ressemblent en vrai
Beaucoup plus à l'homme
Décorum

Lipstick pour les hommes
Lipstick pour les femmes

Lipstick for the man

Lipstick for the men
Lipstick for the girls
Lipstick para sinores
para sinoras
für die Männer
für die Frauen
per signore
per donne
na té tané
na té vahiné
dia panna
dia panni
Miehille
naisille "