RESEAU

mardi 10 juin 2014

La bèstia que manjava lo monde

betedugevaudan.com

La bèstia de Gavaudan, 100 mòrts estranhas...

Charles Perrault a écrit « Le Petit Chaperon Rouge en 1697. Moins d’un siècle plus tard, la réalité surpasse en horreur la fiction.
La « Bête » (Bèstia de Gavaudan en occitan ) qui sévit en Gévaudan ne se contente pas de dévorer une petite fille et sa grand-mère, les morts se comptent par centaines et ne parlons pas des blessés. 
Ces attaques ont lieu principalement dans le nord de l'ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l'actuel département de la Lozère), région d'élevage. Quelques cas ont été signalés dans le sud de l'Auvergne, et dans le nord du Vivarais et du Rouergue.
La « Bête du Gévaudan » dépasse rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette « bête » ( vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente ) que sur les raisons qui la poussent à s'attaquer aux populations. Le châtiment divin à la théorie de l'animal dressé pour tuer ?
Ses ravages se poursuivront pendant trois ans. Contre le monstre, Le roi Louis XV enverra ses dragons et son Grand Lieutenant des Chasses qui tuera un grand loup ; ce qui n’empêchera pas la bête de continuer à sévir, jusqu’à ce qu’un paysan l’abatte un jour d’une seule balle.
La Bête du Gévaudan était-elle un loup ? Certainement pas !
Aucun des témoignages recueillis sur place ne parle de loup. Les paysans et bergers du Massif Central savaient pour le fréquenter quotidiennement que le loup est craintif et n’attaque pas l’homme. S’il a devant lui un troupeau de moutons, ce n’est pas le berger ou la bergère si tendre fut-elle que le loup choisira. Encore moins une vieille bergère coriace mais pourvue d’yeux qui savent voir et d’une langue qui peut raconter.

Mais alors, qu’était la Bête du Gévaudan ?
Nous ne disposons que d ‘hypothèses. L’une des plus vraisemblables est celle que propose Michel Louis dans son livre  La Bête du Gévaudan ou l’innocence des loups : un ou plusieurs grands chiens, des molosses dressés à tuer et protégés d’une cuirasse en peau de sanglier, ce qui explique leur résistance aux balles. Ces chiens ou bâtards de chien et de louve sont menés par le garde-chasse d’un aristocrate dévoyé. Ce garde-chasse étant lui-même fils d’un homme réputé sorcier et meneur de loups. Celui même qui, en 1767, après trois années de traque infructueuse menée par les meilleurs chasseurs du royaume, tua le fauve d’un unique coup de fusil.

L'historien amateur Bernard Soulier est lui aussi un véritable spécialiste de la Bête du Gévaudan.
N'oublions pas que la bête a aussi sévi dans l'est du Cantal, dans plusieurs paroisses de Margeride ! Outre ses activités d'écriture, Bernard Soulier anime la Maison de la Bête du Gévaudan, réalise de nombreuses expositions temporaires et assure des conférences. Depuis trente-cinq ans, il travaille à éclaircir l'énigme de ce « monstre » qui figure parmi les plus grands mystères de l'histoire de France.
Comme tout passionné, il estime que le sujet est loin d'être clos et il a souhaité l'expliquer aux plus jeunes. Bernard Soulier a rédigé le mémoire disparu de Jacques Portefaix, un jeune garçon qui a combattu la Bête en 1767. Si la Bête ne fait plus couler de sang, elle n'a pas fini de faire couler de l'encre car le mystère reste entier.

La bête du Gévaudan - L'innocence des loups. Michel louis. Perrin, collection Tempus (ré-édition de 1992).

Sur les traces de la bête du Gévaudan et de ses victimes. Bernard Soulier. Editions du Signe.

 
La bèstia
Refrain:
La Bèstia, ni lop ni ièna,
A deslargat furor e ira,
Portat malaür, desolacion,
Chafrat a bèl cais dels garcons.
A engolit filhas e femnas,
Violat lors còrs, panat lors amnas
Per estancar sa set de sang,
A degastat lo Gavaudan.

De que pensar de la cresença
A s'un demon mandat per Dieus
Afrabar aquel tròç de França,
Que sas balhanças e son briu
Fasian crénher a la joinessa,
Enfant del pòble o princessa,
Un malparat grèu tant e tant,
Dins lo pais de Gavaudan.

Ten caire a mai d'un que s'en crei :
Los dragons e los estatjants,
Los melhors lobatièrs del rei,
Fòrça caçaires e manants.
Nharga la Glèisa emai l'enfusca
Trò lo jorn que Chastèl l'ajusta
E, d'una bala dins lo flanc,
Tua lo drac del Gavaudan.

Ara tres sègles au passats,
Aiçò es vengut la legenda
Que se cònta a l'entorn de Mende.
La Bèstia, per l'eternitat,
A grafinhat nòstra memòria,
Congreat dels libres d'istòria.
Se parlara, sai que a tenant,
De la Bèstia del Gavaudan.
 
Refrain
... A degastat lo Gavaudan
adaptation de Robert Rousset


La bestio
 
Refrain:
La Bestio, ni loup ni hyène
A déchaîné fureur et haine
Semé malheur désolation
Croqué à pleines dents des garçons
Dévoré des filles et des femmes
Violé leurs corps volé leurs âmes
Pour étancher son goût du sang
A dévasté le Gévaudan.

Que penser de la croyance
D'un démon envoyé des dieux
Pour sévir dans ce coin de France
Qui par tous ces exploits odieux
Avertissait toute la jeunesse
Enfant du peuple ou princesse
D'un grave danger imminent
En ce pays de Gévaudan.

Elle défie d'un air narquois
Les dragons comme les habitants
Les meilleurs louvetiers du roi
Bien des chasseurs et quelques manants
Narguent tous les hommes d'église
Jusqu'au jour où Chastel la vise
Et d'une balle dans son flanc
Tue le monstre du Gévaudan.

Bientôt trois siècles écoulés
Et c'est devenue la légende
Qui se raconte autour de Mende
La bête a pour l'éternité
Egratigné notre mémoire
Dicté nombreux livres d'histoire
On parlera encore longtemps
De la Bestio du Gévaudan.

Refrain
.. A dévasté le Gévaudan
Création: Jean-Paul Mazot / Patrick Pernet





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